Samedi 4 juillet 2009
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17:00
Quatre soirées lecture de pur bonheur ! Ce roman réunit tous les éléments pour me plaire : une description vivante et détaillée du Brésil dans les années 1930, une construction intelligente
mais pas "forcée", des personnages fouillés dont les parcours sortent de l'ordinaire. Je rajouterai, pour ceux qui me connaissent maintenant un peu, que le titre et la couverture m'ont
immédiatement attirée.
Frances De Pontes Peebles nous entraîne dans le sillage de deux soeurs Emilia et Luzia Dos Santos. Elles sont orphelines et vivent avec leur tante dans le Nord du pays. Tia Sofia,
étant couturière, elles ont appris le métier et déjà, dans leur façon d'appréhender la couture, leurs différences de caractère apparaissent. Emilia est la sage, la pondérée, qui suit les patrons
des modèles et épousent les modes du moment. Luzia, à l'imagination plus fertile, crée directement ses vêtements , plus originaux que ceux de sa soeur mais moins faciles à porter par le commun des
mortels.
L'une et l'autre échapperont au sort qui attend toute jeune "matuta" d'un petit village : épouser un paysan et s'échiner à survivre malgré la dureté du labeur. Emilia rencontre Degas
Coelho, un habitant de Recife, en résidence chez le fils d'un gros propriétaire terrien de la région. Il l'épouse et la ramène en ville où la jeune femme va découvrir ce que d'être une paysanne
dans la bonne société. Elle découvrira aussi que Degas l'utilise comme couverture pour masquer son homosexualité. Emilia devra sortir bec et ongles (ou plutôt machines à coudre et modèles dernier
cri) pour se faire une place dans cette jungle urbaine.
Luzia, infirme après être tombée d'un arbre, partira avec un célèbre cangaceiro, un bandit que le peuple prend pour une sorte de Robin des bois, appelé le Faucon. Elle apprendra à
survivre dans la "caatinga", à domestiquer une nature souvent hostile et deviendra une figure marquante de la bande. Armée d'un fusil, plus personne n'osera se moquer de son bras tordu ou de sa
très grande taille. Elle aussi affrontera l'adversité mais avec infiniment plus de violence que sa soeur.
Le roman est construit de telle sorte que l'histoire nous est racontée tour à tour par Emilia et Luzia. Elles ne se reverront jamais mais garderont un contact tenu à travers leur lecture du
"Diaro de Recife", le journal local. Emilia y fait les beaux jours de la chronique mondaine, Luzia est une habituée des faits divers sanglants, perpétrés par les cangaceiros.
Leurs deux destins parallèles sont passionnants. L'auteur nous dépeint deux femmes fortes qui ont su s'imposer chacune à leur manière dans des univers fermés aux individus du sexe dit
faible. Comment ne pas s'attacher à elles ? La fin de cette lecture aura été un vrai déchirement.
Attention : gros coup de coeur !
Par Armande
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Publié dans : romans d'exception
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