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Lecture pour le 1er mai : je remplace "l'affaire Jane Eyre" de Jasper Fforde (lu et relu !)
par "Coeur d'encre" de Cornélia Funke




    

 

 



Vous pouvez me retrouver...

 


                                                            Ulike

les sources de ma PAL...

                                                        








Je suis jurée pour le mois d'avril du Grand Prix des Lectrices de Elle.



Je suis un maillon parmi 26  de la chaîne de livres initiée par Ys. J'ai apporté ma contribution sous la forme d'un coup de coeur "La colère des aubergines" de Bulbul Tarma.



J'accepte bien volontiers les romans qui font une petite pause dans le Trégor...







Je participe au club de Sylire et Lisa ...


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Je viens de découvrir le challenge Littérature indienne de Hilde et Soukee : je me suis inscrite !


 

Je participe au swap au long cours 2010  de Bladelor et je suis ravie...Ma binôme est Celsmoon !
 

souvenirs d'enfance

Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 09:00
   Lorsque Ulike m'a fait part de son concours  sur Jean de La Fontaine, j'ai immédiatement décidé d'y participer tant ce poète occupe une place importante dans mon "Panthéon" personnel. Déjà, à l'école primaire, moi qui détestais apprendre par coeur des récitations, je faisais une exception pour les fables de ce "cher" homme" tant les histoires qu'il contait me plaisaient. Ah, le Corbeau et le Renard ou le Loup et l'Agneau ! Plus tard, au collège, j'ai découvert que derrière les animaux décrits se cachaient des hommes et mon admiration pour l'écrivain a encore grandi. Maintenant, je consacre chaque année une séquence de plusieurs semaines à l'étude de ses fables avec mes élèves. Oserai-je l'avouer, lire à voix haute ces textes, prendre la voix des différents personnages est un vrai régal. J'adore entendre les élèves adopter le ton mielleux du renard, l'autorité teintée de suffisance du lion ou le mépris de l'industrieuse fourmi face à l'insouciante cigale. Bien sûr, le vocabulaire nécessite d'être expliqué aux adolescents mais une fois cette étape franchie, quelle jubilation à jouer, à interpréter les textes de La Fontaine.
   La fable que je préfère est Les animaux malades de la Peste, découverte en Troisième. A cette occasion, j'ai pris conscience de l'universalité de certains écrits et de leur caractère intemporel. Chacun reconnaîtra derrière le Lion, le Renard ou l'Ane des personnes qui font la une des actualités. Ce texte dresse un constat assez accablant de la société et je partage cette vision pessimiste. J'appartiens à l'espèce qui se dépêche de rire des événements plutôt que d'en pleurer et La Fontaine est une sorte de modèle pour moi.
   Au delà du contenu même de la fable, elle est écrite avec une économie de moyens exceptionnelle : chaque mot est juste, chaque mot frappe et il est logique que certains vers soient passés dans le langage comme proverbes.
   Ce texte est un bonheur de lecture et un joyau d'intelligence... Avec La Fontaine, il est possible de crier "Haro sur les hypocrites qui  s'énivrent de pouvoir tout en singeant les vertueux" !
Redécouvrez  les Fables de la Fontaine...

 

Les Animaux malades de la peste

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

 


Par Armande - Publié dans : souvenirs d'enfance - Communauté : Les lectures de Florinette
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 16:16



Le roman de Daniel Cario m'a transportée loin en arrière, les repas de crêpes qu'il décrit m'ont rappelé ceux de mon enfance.
La première odeur qui me vient à l'esprit est celle du beurre qui roussit. Mon mari affirme que le mot beurre prend dans ma bouche une connotation quasi religieuse, une onction qu'on réserverait plus volontiers aux saintes huiles. Il n'hésite pas à dire que dans mon Sud-Finistère d'origine, nous vouons à ce dernier une véritable dévotion. Cette odeur du beurre qui devient noisette s'associe pour moi aux crêpes, ingrédient indispensable pour qu'une pâte soit réussie. Bénits les samedis soirs en quinzaine de mon enfance où la Bilig trônait sur le plan de travail de la cuisine et, où mon père s'improvisait grand "galetier". La préparation de la pâte était dévolue à ma mère, tâche ingrate puisque le couperet tombait,  la première tournée de galettes terminée. La pâte, selon mon père, était toujours soit trop épaisse, soit trop liquide. Lorsque venait pour mon père le moment de passer le témoin à ma mère pour s'attabler et profiter lui aussi des galettes, venait alors sa deuxième réplique d'anthologie : "Christiane, laisse cuire !", quelque soit le degré de cuisson des dites galettes. Trente ans ont passé, cette même comédie se reproduit toujours à l'identique devant le même public loin d'être blasé.

Plus loin dans mes souvenirs me revient l'image d'une grande tablée dans la cuisine de la ferme de Stang-Guilers, près de Kernével. Nous étions chez mes grands-parents paternels, un peu à l'étroit dans la pièce centrale de la maison qui n'en comportait que deux autres. D'un côté se situait le séjour occupé uniquement lors des grandes occasions : l'odeur de l'encaustique s'y mêlait à celle du moisi. De l'autre côté se trouvait la chambre de mes grands-parents avec ses armoires massives. J'avais peur de m'approcher de l'une d'elles car mémé y gardait la tenue pour son enterrement. Je ne comprenais pas qu'on puisse se préoccuper de telle chose de son vivant, ce qui ne m'empêchait pas de me demander s'il s'agissait d'une chemise de nuit ou d'une robe de ville.
Je me vois encore le dos près du poêle à mazout pour avoir bien chaud, au risque d'être incommodée par l'odeur forte qui s'en dégageait. J'attendais patiemment mon tour pour avoir une crêpe. Ma grand-mère avait fait la pâte dans une grande bassine en plastique et l'avait malaxée à la main. J'écoutais d'une oreille distraite les conversations des grands faites en Breton dès que le sujet abordé n'était pas pour les enfants. Les crêpes de mémé Stang-Guilers étaient encore meilleures le lendemain, frites dans le beurre : une bombe calorique propre à donner des cauchemars à un diététicien de notre époque.
Devenue maman à mon tour, je fais des crêpes tous les mercredis sur la Bilig et je regarde mes filles les dévorer comme si leur vie en dépendait. Je les vois, je me revois enfant occuper la même place et cette continuité me rassure.

Par Armande - Publié dans : souvenirs d'enfance - Communauté : Les lectures de Florinette
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