Mercredi 10 mars 2010
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06:00
La lecture,
l'année dernière, du recueil de nouvelles "Au couvent des petites fleurs" m'avait permis de découvrir cet auteure et j'avais aimé sa vision de l'Inde contemporaine, pétrie de
traditions mais aspirant aussi à une certaine modernité. Avec ce roman, s'amorce un retour en arrière puisque la Princesse de l'ombre n'est autre que Jahanara, la fille aînée de Shah Jahan,
l'empereur moghol qui fit construire le Taj Mahal pour abriter le corps de son épouse adorée.
Indu Sundaresan s'est appuyée sur des sources historiques fiables pour nous raconter le règne de cet empereur après le décès de son épouse préférée. Pendant la période de recherches
avant l'écriture de ce livre, elle s'est attachée à la personnalité de Jahanara, femme de tête à qui son père confia la "direction" du zenana à peine le dernier souffle expiré par sa mère. Elle
resta attachée à son père sacrifiant par là-même sa vie personnelle.
L'auteure nous décrit avec minutie les fastes de la cour moghole mais aussi les cruautés des coutumes ancestrales. Devenir empereur suppose par exemple éliminer physiquement les autres
prétendants, à savoir ses propres frères.
Le lecteur suit conjointement les querelles pour la succesion qui démarrent bien avant le décès de Shah Jahan et l'édification du Mausolée de Lumière, qui doit rappeler pour l'éternité
l'amour absolu qu'un homme vouait à sa femme.
Il m'est arrivé de trouver le temps un peu long en lisant cette saga historique mais le parcours singulier de Jahanara m'a intéressée et avouons-le, tout récit qui se passe en Inde a
mes faveurs... le coeur a ses raisons que la critique littéraire ignore.
Merci aux éditions Michel Lafon pour cette lecture indienne.
Par Armande
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Samedi 6 février 2010
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09:00

Il y a peu Keisha nous inventait le livre-doudou, celui qui réconforte et fait chaud au coeur. Sa lecture s'accompagne volontiers d'une tasse de thé (ou de café) et de la
compagnie d'une animal domestique (pour celui-ci, j'ai choisi Titou, notre King-Charles).
Je remercie les éditions JCLattès pour ce moment de dépaysement et de plaisir. J'avais repéré ce roman sur Blog-o-Book car il se déroule en Inde et ceux(et celles) qui me lisent depuis quelques mois (ou plus : il y a des fidèles de la première heure !) connaissent mon
goût pour ce continent. L'action se déroule à notre époque à Vizag, une petite ville du Sud, et met en scène un couple musulman M. et Mme Ali. Madame se plaint au début de l'histoire du tout
nouveau statut de retraité de son conjoint. Et oui, il est sans cesse dans ses "pattes" et perturbe son quotidien bien réglé. Elle voudrait cuisiner tranquillement tous les petits plats
traditionnels (les descriptions culinaires sont savoureuses et le lecteur a, en prime, à la fin du roman, la recette de l'halva, un succulent dessert.) et surtout pouvoir bavarder au téléphone ou
en "direct live" avec sa famille et ses amies sans avoir d'oreilles masculines promptes à se gausser dans les parages.
le coupable, sentant peut-être l'exaspération monter chez sa "tendre" épouse, décide de créer sa propre entreprise :"l'Agence matrimoniale pour gens riches de M.Ali". Ainsi il occupera
ses trop nombreuses heures de loisir ! Très rapidement, il connaît le succès et voit défiler dans sa véranda transformée en bureau les personnes les plus diverses, à la recherche du fiancé ou de la
fiancée idéal(e). C'est l'occasion pour l'auteur d'évoquer le système des castes et les différentes religions, les unions toujours arrangées par les parents où l'amour n'a que peu d'importance
et ne représente d'une éventuelle heureuse surprise après la céromonie de mariage. Autour du couple Ali gravitent les membres de leur famille. Ils se désespèrent de "caser" un jour Rehman, leur
fils, qui préfère défendre la cause des paysans expropriés par les multinationales plutôt que de fonder un foyer et de leur donner les petits-enfants qu'ils attendent. Ils reçoivent
fréquemment un des frères de madame , qui voudrait qu'avec l'âge, M.Ali devienne plus pieux. Mais notre homme, musulman modéré et toujours prêt à se rire de tout, même de la religion, ne se
laisse pas convaincre. Et il y a aussi Aruna, jeune fille brahmane, devenue l'assistante du héros, qui aide à marier les autres mais ne peut, quant à elle, écouter son coeur...
Ce roman est un régal, le ton est donné dès la couverture, colorée et pimpante. Les problèmes actuels de l'Inde sont évoqués mais le récit est très agréable, le lecteur a souvent le
sourire aux lèvres. Farahad Zama l'introduit dans le quotidien d'une petite ville. Pendant quelques heures, nous voyons, humons, goûtons, vivons comme le couple Ali et cette parenthèse indienne est
un vrai bonheur.
Par Armande
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Mercredi 25 mars 2009
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/03
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11:00
Reçu hier, dévoré dans la soirée... Au départ de cette lecture, il y a la couverture, remarquée sur le blog de Keisha. Le bleu intense
éclabousse l'image et la robe claire et dansante de la petite fille apporte mouvement et vie : une petite fleur qui gravit , qui survole plutôt les marches d'un grand escalier... la couverture
évoque le titre du recueil et le lieu où l'héroïne de la première nouvelle a passé ses six premières années.
Padmini (qui signifie fleur de Lotus) est une ancienne "petite fleur", c'est à dire une petite fille confiée aux soins de ce couvent pour qu'elle soit adoptée. Un couple
d'Américains, Tom et Diana Merrick, l'a élevée avec amour, un amour qui est né dès qu'ils l'ont vue " Tu faisais une partie de cache-cache avec tes amies entre les branches
du banian. C'était toi qui cherchais les autres en dansant et en chantant entre les racines de l'arbre. Je ne me souviens plus de l'air ni des paroles en tamoul. Toute petite déjà, tu avais une
voix envoûtante, mélodieuse. Diana Merrick est immédiatement tombée sous le charme en te voyant, les cheveux collés sur le front par la sueur, les bras et les jambes noirs de poussière, les pieds
nus couleur de boue". Padmini, depuis son adoption, ne s'était plus préoccupée de sa mère biologique ni de son pays d'origine et voilà que les deux se rappellent à elle par la lettre que lui
adresse Soeur Marie-Thérèse, la directrice de l'institution... Ouvrir ou fermer la porte aux souvenirs, la jeune femme va devoir choisir.
Les nouvelles écrites par Indu Sundaresan nous parle de l'Inde d'aujourd'hui, où perdurent dans certains villages isolés des pratiques ancestrales aussi barbares que le "sati". Dans "L'épouse
fidèle", Ram, un jeune journaliste retourne sur les lieux de son enfance à Pathra, prévenu par sa grand-mère que les Anciens ont accepté qu'une jeune mariée de douze ans partage le bûcher funéraire
de son vieux mari récemment décédé.Cette coutume, illégale depuis 1829, se déroulera pourtant sous les yeux des "hommes, femmes, enfants, jusqu'aux bébés dans les bras de
leurs mères, tous (rassemblés), le visage impassible, les regards brûlant d'une flamme fanatique" . Et me direz-vous, comment a réagi, le reporter,fortement occidentalisé, face à cet
acte monstrueux... L'auteur, avec beaucoup de psychologie, nous montre qu'il n'est jamais simple de braver les siens et les traditions.
Lire ces nouvelles, je n'en évoque que deux mais toutes sont intéressantes, c'est plonger dans l'Inde contemporaine et partager le quotidien de gens simples alors qu'ils traversent une crise. C'est
parfois opiner du chef et se dire, tiens j'aurais agi de la même manière, c'est parfois aussi rester interloquée par le choix effectué, réagissant ainsi en Occidentale pour qui le système des
castes par exemple reste quelque chose de difficile à appréhender.
Merci à Louise Leguay des éditions Michel Lafon de m'avoir fait découvrir Indu Sundareson.
Par Armande
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