Lundi 14 juin 2010
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06:00
Dans ma vie de lectrice compulsive, il y a des moments attendus avec impatience : la sortie du dernier Hornby, Lodge, MacCall Smith, Indridason, Mankell, Coe,
Pears... et c'est avec une certaine fébrilité que j'ai ouvert Juliet, Naked. Que dire que d'autres blogueuses n'aient déjà dit... J'ai adoré ce nouvel opus, ces
personnages humains, tellement humains qu'ils vous arracheraient parfois une larme si l'auteur ne mêlait comme à son habitude l'humour et la dérision aux situations les plus tragiques. Si vous
voulez plus de détails, les articles de Fashion,Ys ou Cathulu vous
attendent. Moi, je souffre de flemmardise pré-estivale...
Par Armande
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Vendredi 16 avril 2010
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06:00
"Elle fut un peu réconfortée par la vue d'une cafetière à côté de laquelle attendait, encore sous vide, un paquet de café colombien fraîchement
moulu. Elle l'ouvrit aussitôt, s'en prépara une dose généreuse et, avant même d'en avoir savouré les premières gorgées, se sentit ragaillardie par les gargouillis conviviaux, et les vapeurs
capiteuses, aux senteurs de noix, qui emplirent la cuisine d'une chaleur aromatique."
Je n'ai pas choisi cet extrait par hasard, il assure la transition avec le mini swap café ! De manière moins anecdotique,
Jonathan Coe ne se contente pas d'évoquer le "noir breuvage" que nous chérissons. Il construit une histoire à rebours où Rosemond, une femme âgée, retrace son existence à partir de vingt
photos qu'elle a sélectionnées. Cette histoire est destinée à Imogen, sa petite nièce, afin que celle-ci comprenne mieux l'enchaînement de circonstances qui a conduit à sa
naissance. En effet, Rosemond se fait surtout la narratrice d'un destin autre que le sien : celui de Béatrix, la grand-mère d'Imogen . Ce personnage, à la fois fascinant et rebutant aura exercé
toute sa vie une influence déterminante sur la vie de Rosemond, cantonnée dans le rôle de faire-valoir ou de nourrice.
Le procédé narratif peut sembler répétitif : le personnage enregistre sur cassette la description de chacun des clichés. Moi, j'ai apprécié de
découvrir peu à peu, pan par pan le passé de Rosemond et surtout celui de trois femmes liées par le sang : Ivy, mère de Béatrix, Béatrix, mère de Théa, Théa, mère d'Imogen. La narratrice
s'interroge sur la filiation, sur le caractère inéluctable de certains schémas qui se reproduisent de génération en génération, sur la notion de maternité, autant de thèmes sensibles qui m'ont
touchée.
Je ne vous livrerai pas le secret du titre, il se révèlera à vous lors d'une scène que je garderai longtemps en mémoire...
Par Armande
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Lundi 25 janvier 2010
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12:00

Je l'avoue : j'ai choisi ce recueil de nouvelles proposé par BOB sur un titre qui m'a fait sourire : Les trois grosses dames d'Antibes. Elles m'ont fait songer aux sculptures de
Botero ou de Nikki de Saint-Phalle qui représentent des femmes aux rondeurs sympathiques. L'histoire qui donne son titre au recueil est d'ailleurs fort plaisante et amène effectivement le sourire
aux lèvres du lecteur.
Depuis que j'ai reçu ce livre, je m'accorde une nouvelle par soir, parfois juste avant de m'endormir, parfois pour entrecouper une lecture difficile comme par exemple l'autobiographie
de Carla Del Ponte, procureure qui a eu la lourde charge de poursuivre les génocidaires de l'ex-Yougoslavie et du Rwanda.
Ces petits récits rappellent Maupassant, écrivain qui a beaucoup influencé Somerset Maugham. Ils n'ont toutefois pas, à mon sens, la force , la causticité des histoires de l'auteur
français. Disons que le scénario est souvent convenu et la chute prévisible. J'apprécie pourtant les portraits esquissés avec beaucoup de finesse et une plume quelquefois acide. Apparemment,
S.Maugham était réputé pour avoir la dent très dure envers ses contemporains et s'était attiré nombre d'inimitiés.
Je pioche chaque soir au hasard dans la table et me laisse entraîner par un titre, Gigolo et Gigolette crée une attente différente de La déchéance d'Edward
Barnard. Cette navigation au petit bonheur la chance me plaît beaucoup et ce livre va garder sa place sur ma table de chevet pendant quelques semaines.
Je remercie Les éditions Robert Laffont pour l'envoi de ces nouvelles, de même que l'équipe du Blog-o-Book, qui accomplit un travail remarquable.
Par Armande
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Mercredi 13 janvier 2010
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06:00
Cocola, dans le cadre du swap Mille-feuilles organisé par Eldewe, m'a offert ce sympathique petit livre de Julian Barnes : Un homme dans sa cuisine.
C'est une lecture délectable où l'auteur raconte avec beaucoup d'humour ses mésaventures culinaires. Il appartient à l'espèce obsessionnelle des cuisiniers sur le tard que tout
inquiète, interroge, perturbe dans la préparation d'un plat. Il s'en suit des rapports quasi-passionnels avec certains auteurs de livres de cuisine qu'il poursuit de sa vindicte pour leur
imprécision. Prenons le cas de l'oignon qui m'a rappelé un épisode semblable lors de mes débuts derrière les fourneaux.
"Pour les auteurs de recettes, il n'existe que trois tailles d'oignons : "petit", "moyen" et "gros", tandis que les oignons dans votre panier varient de la taille d'une échalote à celle d'un
palet de curling. Aussi, une phrase comme : "Prendre deux oignons moyens" déclenche force tâtonnement dans le panier d'oignons pour trouver des bulbes correspondant à la description (évidemment,
puisque moyen est un terme comparatif, vous devez considérer tout l'éventail des oignons en votre possession)".
Chaque chapitre évoque avec verve une épine dans le pied du
cuisinier amateur, des négociations ardues avec des commerçants pas toujours commodes à l'usage que l'on peut faire d'un livre sur les cocktails de fruits quand le susdit amateur ne possède pas la
centrifugeuse du professionnel.
Ce livre est dédié à son épouse, "Celle-pour-qui" dont j'aurais aimé connaître le point de vue . Vivre auprès d'un "obsessionnel anxieux" que chaque repas semble faire entrer en
transes doit être une expérience, comment dirais-je, intéressante...
Par Armande
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Jeudi 6 août 2009
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06:00
Pour ceux et celles qui l'ignoreraient encore, je voue un culte total et absolu (redondant d'accord mais si, si, les deux adjectifs sont nécessaires !) à cet auteur ! Je suis avec grand plaisir
toutes ses séries et j'ai retrouvé avec bonheur les habitants du 44, Scotland Street, dans le tome trois de leurs aventures. J'adore le personnage de Bertie, petit surdoué de six ans" coatché" par
une mère envahissante, adepte de Mélanie Klein et horriblement casse-bonbon. Dans ce livre, Bertie quitte Edimbourg pour Paris le temps d'un concert avec un groupe d'adolescents
musiciens. Il va, par une suite d'incidents aussi improbables qu'amusants, se retrouver sur les bancs de la Sorbonne et "clouer le bec" à un universitaire aux théories fumeuses. (Moment
d'anthologie pour l'ancienne étudiante en Lettres que je suis !)
Les autres locataires du petit immeuble sont toujours aussi attachants mais ils ne quittent guère leur routine, à l'exception notable de Dominica, anthropologue retraitée, qui retrouve
une nouvelle jeunesse en partant étudier une communauté de pirates malais. Les chapitres qu'Alexander McCall Smith consacre à ses aventures sont assez jubilatoires.
Evidemment, ce n'est pas le roman du siècle... la couverture nous montre deux coupes de champagne. Cela donne une idée de la lecture qui vous attend, une bulle de boisson pétillante !
Le roman idéal pour les vacances...
Par Armande
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Lundi 18 mai 2009
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08:35
La création de ce blog en juillet 2008 est née d'une envie de partager mes lectures et de découvrir des auteurs vers lesquels ma culture et mes goûts ne me portaient pas spontanément. Ce roman en
est un bel exemple. J'avais associé D.H Lawrence à "L'amant de Lady Chatterley" (que je n'ai même pas lu d'ailleurs ! Honte sur moi...) et je n'avais pas considéré que son oeuvre puisse être aussi
riche et son analyse de la société anglaise aussi mordante.
Pourtant, le premier contact avec "la fille perdue" ne s'est pas passé sous les meilleurs auspices. Je ne peux plus voir de jeune fille en robe romantique en bord de mer ou au sommet d'une colline
sans éprouver un rejet quasi-immédiat (je sais, je fais de l'anti-impressionnisme primaire mais j'assume.)
Les premières pages m'ont immédiatement réconciliée avec ce roman. L'auteur dépeint avec justesse et un soupçon de cruauté un petite ville minière, Woodhouse, avec sa bourgeoisie étriquée et ses
ouvriers éreintés par le travail. Les premiers chapitres sont consacrés à James Houghton, le père d'Alvina, notre héroïne. C'est un commerçant aisé mais qui ira à sa perte par goût pour les
entreprises hasardeuses. Vendre des vêtements ordinaires ne le satisfait pas, il lui faut du flamboyant, de l'original ! Evidemment, les autochtones n'achèteront pas ce genre de modèles. La vitrine
du magasin deviendra juste l'attraction du vendredi soir. Ce premier défi ne le découragera pas puisqu'il finira comme propriétaire d'une salle de spectacle.
Ce gène du changement, il le transmettra à Alvina qui ne saura jamais exactement où se trouve sa place dans cette société anglaise d'avant la Première Guerre Mondiale. Elle aurait pu tenir
son rang et épouser un homme de même catégorie sociale : elle refusera au moins trois propositions sérieuses, se sentant incapable de n'être que la "femme de...". Elle aurait pu être une femme
active. Au grand dam de sa famille, Alvina ira à l'école d'infirmière et sortira avec un diplôme lui permettant d'exercer la profession de sage-femme. Elle exercera d'ailleurs dans un hôpital, mais
sur un laps de temps relativement court. Le lecteur sent que la jeune femme n'est pas prête à n'exister que par le travail (Nous n'en sommes pas encore à notre époque de "working girls"!)
Alvina finira par tomber amoureuse de Ciccio, un jeune saltimbanque italien que tout devrait éloigner d'elle : sa classe sociale, son statut d'étranger, son manque de culture. Mais D.H Lawrence
montre avec talent la mécanique du désir qui n'obéit à aucune règle. Il ne semble pas fait pour elle mais elle l'aime et le suivra dans son lointain village des Abruzzes.
Alvina est "une fille perdue" aux yeux de la bourgeoisie de sa ville d'origine. Elle est surtout tiraillée entre des aspirations diverses : se marier en écoutant sa raison plutôt que son coeur,
être une femme indépendante mais renoncer à être une épouse, succomber à son attirance pour l'inconnu ou se réfugier dans la routine rassurante de Woodhouse.
L'auteur nous livre dans ce roman un magnifique portrait de femme tout de nuance et de finesse.

Merci à la super équipe du Blog-o-book de m'avoir proposé ce livre !
Par Armande
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Mercredi 6 mai 2009
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17:51
Après des mois d'attente fébrile, j'ai enfin pu acheter en "vente libre" ce roman dont les blogs disaient le plus grand bien ! Il n'était plus "estampillé" France Loisirs et je l'ai trouvé tout
simplement chez mon libraire habituel.
Evidemment, comme souvent quand l'attente a été longue, j'avais placé beaucoup d'espoir dans cette lecture, allant même jusqu'à l'inscrire dans ma liste pour le "Blog'o'trésors".
Ce n'est pas un grand mais un joli roman. L'action se déroule après la Seconde Guerre Mondiale, en 1946, la guerre est encore présente dans tous les esprits. L'héroïne, Miss Juliet Ashton,
qui a déridé les Londoniens pendant le conflit, grâce à une chronique humoristique dans un journal, se lance dans une tournée promotionnelle de l'ouvrage réalisé en réunissant ses articles. La
forme choisie par Mary Ann Shaffer et Annie Barrows est celle du roman épistolaire et le lecteur découvre Juliet grâce à la correspondance qu'elle entretient avec son éditeur, son attachée de
presse ou sa meilleure amie.
Son existence va être bouleversée par une lettre en provenance de Guernesey, que lui écrit Dawsey Adams, éleveur de cochons , qui a en sa possession un ancien livre de Juliet, arrivé là-bas par on
ne sait quel mystère. Cet homme lui demande si elle peut lui indiquer comment se procurer l'oeuvre complète de l'auteur du livre, Charles Lamb. De là va démarrer un échange assidu de courrier et
l'héroïne va découvrir l'existence de ce mystérieux cercle littéraire dont l'élément fondateur est un cochon rôti !
J'ai adoré les personnages qui forment ce cercle, leur rapport à la lecture est des plus intéressants. Presque aucun n'a au départ de réel goût pour le littérature ni même de culture dans ce
domaine. Ils n'ont pas ce respect quasi-automatique pour les auteurs connus et n'hésitent pas à les malmener. Ils se prennent aussi parfois d'une passion sincère pour un écrivain et en viennent à
trouver joie, réconfort, conseil auprès de celui-ci. C'est extrêmement rafraîchissant !
Un autre aspect qui m'a séduite, c'est qu'à travers les lettres échangées, le lecteur prend conscience de l'enfer vécu par les îliens pendant la guerre. L'occupation des îles anglo-normandes est
souvent méconnue et elle a pourtant un intérêt historique indéniable.
Pour terminer, la lecture de ce roman s'avère indispensable pour faire la connaissance d'Isola Pribby, une autochtone merveilleuse d'excentricité et de drôlerie.
Par Armande
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Jeudi 2 avril 2009
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17:27
Vous avez envie de lecture-détente, de vous plonger dans l'Angleterre des années 50 en compagnie de deux charmantes demoiselles de dix-huit ans, folles de "fringues" et du chanteur Johnnie Ray,
vous êtes mûres pour la lecture de "L'amour comme par hasard".
Pénélope et Charlotte appartiennent à la haute société mais leurs familles n'ont plus ni le lustre ni la fortune d'antan. Elles se doivent de tenir leur rang mais n'ont ni les moyens ni forcément
l'envie de le faire.
Nous suivons ces deux donzelles qui aspirent à vivre intensément, autrement en tout cas que les adultes encore marqués par la guerre. Elles ont la fraîcheur de leur âge, sont
animées par le sentiment, compréhensible à l'aube de leur existence, que tout est possible. Gravitent autour de nos deux héroïnes leur famille et leurs amis, et le lecteur découvre parmi eux
des personnages haut en couleur comme la tante de Charlotte, qui rédige son autobiographie ou l'oncle de Pénélope, un Américain qui va leur faire connaître un jeune homme, originaire de Memphis,
dans le Tennessee, un certain Elvis Presley.
L'écriture est agréable, l'intrigue un peu téléphonée mais ce pavé de 530 pages se lit avec un grand plaisir. Sous la légèreté affleurent souvent des thèmes graves comme la perte d'un
être cher pendant la guerre ou la nécessité de devoir se séparer de la maison où l'on a grandi... mais l'auteur ne s'appesantit pas, nous entraîne dans un tourbillon d'actions avec des jeunes
gens plus soucieux du lendemain que de ressasser des souvenirs douloureux.
"Le jardin se déployait sous nos yeux, immobile, à l'écoute de chacune de nos paroles, me semblait-il. Au moment où l'aube grise commençait à naître, je courus dans la
maison remettre un disque de Johnnie Ray et j'ouvris en grand les fenêtres de la salle de bal pour que l'air glacé s'emplisse de cette voix et d'Amérique, pendant que nous restions tous les quatre
sans bouger, sans parler, osant à peine respirer. Frigorifiée sur mon banc, je serrais les dents pour les empêcher de claquer. J'avais l'impression que des étincelles fusaient du bout de mes
doigts; tout était révérencieusement vivant."
Par Armande
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