Lundi 8 mars 2010
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06:00

Pierre Lagier nous raconte une histoire de filiation, de tendresse entre un grand-père et son petit-fils. Le héros, un trentenaire journaliste musical, reçoit après le décès de son aïeul des
lettres de celui-ci. Il tente de connaître l'origine de ces courriers, privilégiant tour à tout hypothèse réaliste et hypothèse fantastique. Aïe, me suis-je dit, un scénario à la Marc Levy...
Aparté en forme de mise au point:
Je me suis promis de ne plus porter de jugement à l'emporte-pièce sur cet auteur tant mon entourage est scindé en deux clans farouchement opposés : les pour et les contre. Et comme dans le clan des
pour, je compte une soeur et de nombreux amis, je suis contrainte d'abdiquer. Il y a certainement quelque chose qui plaît dans ses livres.
Toujours est-il que ma lecture s'en est trouvée un peu ralentie et mon enthousiasme émoussé. Je suis passée à côté de ce roman, le message de l'auteur n'a pas su se frayer un
chemin jusqu'à mon coeur. Le style, trop appliquée à mon goût, n'offre que peu de surprise et les poncifs abondent... Je ne suis pas parvenue à m'attacher aux personnages, les atermoiements
professionnels et amoureux du personnage principal m'ont semblé banals. Autant je les aurais écoutés avec sympathie à la pause café au travail s'ils étaient venus d'un collègue... autant
je juge qu'ils n'ont pas l'étoffe, la densité pour donner corps et vie à un roman.
Je remercie Babelio et les éditions Buchet-Chastel pour cet envoi qui n'a pas su malheureusement, trouvé la bonne destinataire.
Par Armande
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Mercredi 10 février 2010
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10
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06:00

Il s'agit d'une jolie petite nouvelle rallongée et rééditée de l'auteur d"Ensemble, c'est tout". Anna Gavalda met en scène une fratrie: les deux aînés Simon et Lola, mariés et
confrontés aux aléas de la vie de couple et les deux petits Garance et Vincent, encore à la recherche du grand amour. A l'occasion du mariage d'une cousine, ils se font la belle avant la cérémonie
à l'église pour rejoindre le petit dernier qui n'a pas pu se joindre à eux. L'espace d'une journée, ils vont reformer leur clan et retrouver les mille et un rites qui régissent les relations
entre frères et soeurs. Ils savent ce temps compté, il n'en est que plus précieux : une parenthèse, une bouffée d'enfance avant le retour à la réalité et aux obligations du monde adulte.
Pour le style, du pur Gavalda : inventivité, drôlerie et petites touches émouvantes...
Conseillé dans le cadre de la "doudouthérapie"
Par Armande
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Lundi 8 février 2010
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08
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06:00

Reçu dans le cadre du Swap Mille-feuilles organisé par Edelwe, ce petit roman a le goût de l'été, ce qui dans nos temps de
froidure, est des plus plaisants. Rien que la couverture évoque la belle saison, le plaisir de porter de jolies sandales et une robe légère...
Je pourrais chipoter sur l'aspect très convenu de l'histoire : un chef étoilé découvre que sa femme, mannequin à particule, le trompe avec son comptable.
Il fuit, quittant sa vie d'avant, faite de gloire, de stress et d'argent et échoue dans le Sud de la France où (et c'est là que la Providence intervient!) il trouve
refuge dans une buvette de montagne dont la propriétaire vient opportunément de décéder. Ni une, ni deux, il reprend l'affaire et recrée une sorte de paradis terrestre (et gustatif) qui finit par
acquérir une certaine renommée. Et à ce moment précis, paf : arrive Stella, la toute fragile, la toute mince... et je vous laisse deviner la suite.
Ce récit est un hymne à une nourriture simple qui apaise, guérit, réconcilie avec l'univers. Pas de considérations écologiques assénées à chaque page mais le rappel que les
légumes du potager ont une saveur incomparable.
Un joli moment de lecture !
Conseillé dans le cadre de la "doudouthérapie"
Par Armande
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Mercredi 20 janvier 2010
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20
/01
/2010
06:00


Passionnée de lecture, ouvrant un livre à peine le dernier terminé, mon esprit cherche toujours (et trouve) des échos, des correspondances entre les différents récits que je découvre.
Les insomniaques de Camille de Villeneuve auront souffert de la comparaison permanente qui s'est opérée avec Les Vivants et les Ombres de Diane Meur, que j'ai classé dans les
romans d'exception. La trame est identique : "grandeur et décadence" d'une famille mais autant Diane Meur a su m'entrainer sur les pas des personnages, ressentir avec eux le passage du temps et
l'inéluctable changement, autant chez Camille de Villeneuve, je suis restée simple spectatrice d'une histoire que je n'ai jamais pu faire mienne.
L'auteur n'a que 28 ans et sa virtuosité est indéniable : le style est parfaitement maîtrisé. D'une élève, je dirais que c'est une copie parfaite, je rajouterais peut-être scolaire.
Camille de Villeneuve expose (le verbe est employé à dessein) la vie des d'Argentières sur trois générations. Cette famille d'aristocrates des bords de Loire a connu ses heures de gloire, que
rappellent les nombreux tableaux ou bibelots qui ornent chaque pièce du château. Le récit démarre par le décès de Jean-André, le patriarche et par le passage de témoin à André, son fils qui
s'imagine déjà étendre et moderniser leur domaine agricole. Si je vous disais que je me doutais que le fils d'André ne reprendrait pas le flambeau, ce ne serait pas jouer les madame Irma mais
mettre en évidence le schéma bien classique de ce roman.
Dans ce milieu, l'on se marie entre soi et André épouse Jeanne de Hauteville, hantée elle-aussi par le passé prestigieux de ses ancêtres. L'intérêt de ce roman, c'est la description
de l'intérieur de cette aristocratie déliquescente qui ne survit que par un esprit de caste très fort et le respect de certaines traditions. L'auteur fait vivre de nombreux personnages qui
gravitent autour d'André et Jeanne, certains pittoresques, d'autres beaucoup plus effacés comme le veut leur rôle dans la maisonnée : celui de domestique. Cela pourrait donner un ensemble
vivant mais je n'ai pas eu ce sentiment, la réponse se trouve peut-être dans le roman lui-même :
"Les tableaux de famille étaient. Ils manifestaient la présence glorieuse de la famille, du portrait le plus officiel à la miniature la plus intime. Peu importait que le trait en fût
grossier ou dissemblant puisque les visages ne comptaient pas dans leur individualité. A leur manière répétitive, ils donnaient à voir la longue trame de la descendance qui enfilait les
générations, plus ténue, plus lâche à mesure qu'elle approchait des temps plus récents parce qu'elle n'était plus tissée par les honneurs ni par les personnes qui avaient fait la gloire
passée."
A la lecture, les personnages m'ont semblé bien engoncés, comme peut-être des tableaux à peine vivants.
Camille de Villeneuve est assurément un écrivain, l'intelligence du propos est irréfutable, il manque maintenant un grand souffle d'air pour faire s'envoler les poussières du passé
et rédiger des histoires où circule la vie...
Livre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle
Par Armande
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Jeudi 7 janvier 2010
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07
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/2010
06:00

Le livre de Maud Lethielleux a beaucoup voyagé grâce à Sylire avant de faire une pause dans le Trégor... chez la méchante et cynique Armande. J'avais lu et
entendu de nombreuses louanges sur ce roman et j'avoue avoir été déçue.
Il est toujours difficile de choisir comme narrateur une enfant, de retrouver ce regard que les plus jeunes portent sur notre société et sur les adultes. Il est encore plus
périlleux de leur inventer un langage. Ninon, huit ans, élevée par des parents très jeunes, les voit au début de l'histoire se séparer. Elle décide de rester avec son père Fred,
"autarcique autonome" et de l'aider dans l'élevage des chèvres et la confection des fromages. Ils mènent une vie en marge, entourés d'animaux, dans un coin de forêt encore préservée. Et
d'ailleurs peut-être vaut-il mieux qu'ils s'éloignent un peu des autres car l'hygiène semble être une attitude bourgeoise qu'ils snobent par idéalisme !
Ninon est déchirée entre son amour pour son père et le confort que pourrait lui procurer sa mère Zélie avec son nouveau compagnon Olive surnommé par Ninon et sa soeur "Groscon".
Chez Zélie, il y a un lit douillet, de l'eau chaude à volonté, de la nourriture un peu plus variée que le fromage de chèvre et surtout la tendresse d'un mère-enfant qui l'aime sans savoir vraiment
l'exprimer.
Résumée ainsi, l'histoire a tout pour me plaire mais je n'ai pas adhéré au style. Les mots d'enfant , la petite fille dit par exemple avoir des soucis de "disques et de
lexique", me semble peu naturels. De même, son ignorance de certains événements paraît assez improbable. La demoiselle se demande pourquoi au mois de décembre, sa mère et son compagnon
installent un sapin dans la maison. Mais ce qui a vraiment réveillé mon cynisme latent, c'est le happy end final : Fred et l'assistante sociale in love après une immersion de cette
dernière dans le milieu naturel. En effet, elle passe une semaine avec Ninon dans la forêt, se convertit en femme des bois et trouve ensuite du charme au côté "brut de décoffrage" de
notre éleveur de chèvres.
Dois-je en conclure que le fromage de chèvre a des vertus aphrodisiaques ?
Par Armande
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