Mardi 28 avril 2009
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20:33
Pour la petite histoire, j'apprécie depuis longtemps le travail d'Ayroles mais je suis son actualité avec encore plus d'assiduité depuis une rencontre au Festival BD de Perros-Guirec, où
j'ai découvert lors d'une discussion que nous étions nés le même jour et la même année...
Commençons par l'ex-libris qui m'a mis déjà de très bonne humeur : Eusebio, le lapin de la série "De cape et de crocs" y apparaît sous les traits terrifiants d'un Boris Karot aux dents bien
aiguisées...
J'ai ensuite entamé la lecture et redécouvert avec bonheur l'écriture d'Ayroles. Chaque réplique est ciselée, les dialogues sont vifs et révèlent parfaitement les caractères des personnages.
Nous sommes à l'époque victorienne et les joutes verbales, qui se déroulent au club fréquenté par un des héros, l'explorateur Richard Drake, sont un vrai régal d'érudition et
d'humour.
L'histoire est bien sûr celle d'un vampire qui a jeté son dévolu (et ses crocs !) sur une jeune demoiselle de très bonne famille, Miss Catherine Lacombe. Mais Lord Faureston, créature de la nuit,
doit affronter Mister Drake, sensible lui aussi au charme acidulé de la délicieuse lady.
L'atmosphère oppressante de la société de l'époque est bien rendue par un dessin expressif ( les vignettes représentant le vampire sous son véritable aspect sont particulièrement réussies) et un
jeu de couleurs où l'on passe des lumières éblouissantes des salles de bal à l'obscurité angoissante de la nuit.
Ce premier tome, comme c'est la coutume, se termine de manière à nous faire languir en attendant le prochain. Je ne manquerai pas de l'acheter, foi de Boris Karot !
Par Armande
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Dimanche 15 février 2009
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18:43
Ma moitié a déniché à la médiathèque cette série qui nous a bien plu à tous les deux. J'ai probablement été moins séduite par la plastique de l'héroïne que mon
cher et tendre. On va dire que c'est une réponse du berger à la bergère car depuis quelques jours, l'ombre d"Edward" plane entre nous...
L'histoire se déroule à la fin de la seconde guerre mondiale à Paris. Les dessins de la ville sont d'ailleurs somptueux. Jeanne vient d'être arrêtée pour marché noir à la suite d'une lettre de
dénonciation . Le corbeau a de la culture puisqu'il termine sa lettre par "...monsieur le commissaire, cette petite démarche délatrice ne me grandit pas et je risque comme le duc de Guiche, de
ressentir au seuil du tombeau ces "mille petits dégoûts de soi dont le total ne fait pas un remord mais une gêne obscure". La lutte contre le marché noir est malheureusement à ce prix."
Sa situation est d'autant plus critique qu'à son domicile, la police n'a pas trouvé de saucissons ou de fromages mais une musette de grenades et trois revolvers. Jeanne appartient en effet à
la Résistance.
Heureusement son chemin va croiser celui d'un Arsène Lupin un peu voyou et d'un couple de bateliers René et Huguette aussi pittoresque qu'attachant.
L'atmosphère de l'époque est bien retranscrite et le scénario ne manque pas d'intérêt. Le béret rouge de Jeanne, symbole de son communisme utopique aussi bien que
de sa sensualité est une très jolie trouvaille.
Par Armande
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Lundi 9 février 2009
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18:09
Hier, en musardant dans les rayons de l'Espace Culturel de Lannion, que vois-je, planquée derrière une pile de BD ... l'adaptation par Li-An de la célèbre nouvelle de Maupassant.
Le dessinateur était un condiscipline de ma moitié au lycée de Saint-Malo et ils avaient eu l'occasion lors d'une des dernières éditions du Festival de La BD de Perros-Guirec d'évoquer la
gestation de cette adaptation.
Le résultat est réussi, le voyage de Rouen jusqu'au Havre est retranscrit avec fidélité et la valeureuse Boule de suif traitée avec humanité. Les combines, les petites lâchetés de ses compagnons de
diligence apparaissent dans toute leur laideur. Sans la dévoiler, je trouve que la dernière planche , la conclusion de l'histoire, est intelligemment construite et très touchante.
Dans la même collection, chez Delcourt, je me laisserai bien tenter par les tomes 1 de "Candide" et de "Tartuffe".
Par Armande
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Lundi 2 février 2009
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17:59
Une fois n'est pas coutume, parmi mes cadeaux d'anniversaire se sont glissés quelques livres dont ce "Petit précis de littérature française", bien plus drôle que les tristes Lagarde et Michard
d'ailleurs brocardés dans une planche de cette bande dessinée.
Déjà, la couverture m'a fait sourire, tous ces auteurs célèbres la madeleine à la main, convoitant la tisane de ce cher vieux Proust...voilà qui ne pouvait que me réjouir !
La lecture de cet ouvrage est extrêmement plaisante mais suppose que l'on possède une solide culture littéraire. En effet comment apprécier la vision savoureuse et décalée de Catherine Meurisse sur
des chefs-d'oeuvre comme "Phèdre" ou "Madame Bovary" si on ne connaît pas le texte d'origine.
La quatrième de couverture annonce aussi la couleur quant au contenu "drôlatique" du dit précis :
" Chez Catherine Meurisse, les grands auteurs de la littérature française, du Moyen-Age à nos jours, font eux-mêmes leur promo. Loin des bancs de l'école, ils se
racontent librement et livrent avec humour les clefs de leurs oeuvres. Et tout ce petit monde chahute dans la joie, la bonne humeur et l'amour de la lecture."
Par Armande
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Samedi 27 décembre 2008
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18:06
Il y a des hasards heureux ! Quelques jours avant Noël, mademoiselle Cadette et moi errions à l'Espace Culturel de Lannion, à la recherche du "Saint Graal" : un
cadeau pour son père qui fasse "super" plaisir à celui-ci et soit "super" bon marché pour rentrer dans son petit budget. Et là, je tombe sur cette BD, qui en réunit en fait deux : "Les mangeurs de
cailloux", parue en 1998 et "La boîte à un franc", parue en 2000. Mon mari étant originaire du Nord, le cadeau paraissait s'imposer! Surtout qu'après tractations, mademoiselle Aînée s'associa au
projet et y apporta sa contribution sonnante et trébuchante.
Ces deux bandes dessinées, en noir en blanc, évoquent avec tendresse et poésie l'enfance de l'auteur. Il se défend dans un post-scriptum d'avoir écrit un chef-d'oeuvre, à tout le moins je dirai
qu'il a écrit et dessiné une petite merveille d'humanité.
"Je dois vous l'avouer. Je ne suis qu'un modeste dessinateur et je n'ai aucunement la prétention d'avoir écrit un chef-d'oeuvre sur lequel il est nécessaire de revenir
encore et encore. Loin de moi cette idée. Mais ce récit me hante. Et pour cause. Comment se raconter, comment écrire sur son enfance sans jamais dire que l'on est passé à côté de certaines choses,
d'images et d'émotions ? Comment, en quelques cases, faire revenir du passé ces fantômes qui nous hantent, et les coucher sur quelques planches...
Evidemment, je ne pourrais pas vous apporter de réponses à ces questions-là. En revanche, je peux vous ouvrir mes cartons à dessins et partager, pendant quelques instants, quelques photos. Encore
une fois, c'est sans prétention ni fausse modestie que je le fais.
Simplement pour évoquer cette époque qui nous différencie tant et pourtant que nous avons en commun : l'enfance"
L'enfance, pour Jean-Luc Loyer, c'est Hénin-Liétard, cité minière où le charbon nourrit et détruit à la fois les hommes. Ce sont des oncles qui racontent des histoires qui font peur, mais qui sont
capables d'avoir pour lui la plus grande des tendresses, c'est un père que la maladie emporte trop tôt, ce sont les copains et la copine polonaise, c'est la télé où passent ses séries préférées.
Tous les êtres sont décrits avec le regard que peut porter sur eux un enfant, et cela sonne juste, jusqu'à serrer le coeur du lecteur qui retrouve des pans entiers de son enfance à travers ce
livre.
Tout le monde connaît "Bienvenue chez les ch'ti" ! Ne restez pas uniquement sur cette vision du Nord, suivez le guide et découvrez grâce à ce dessinateur une région qui l'a façonné et qui mérite
mieux que les clichés véhiculés actuellement.
Par Armande
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Samedi 6 décembre 2008
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20:32
Merci à Keisha de m'avoir fait découvrir
cette adorable petite fille qui nous décrit avec son regard d'enfant la Pologne du général Jaruzelski. Nous partageons avec elle et ses parents les longues files d'attente devant les magasins
d'alimentation. Il arrive même que les hommes passent de froides nuits d'hiver devant la porte d'un des magasins d'Etat pour être dans les premiers à l'ouverture le lendemain matin et être sûrs de
ramener le trésor promis à la famille : un morceau de viande ou un kilo de sucre ! Je comprends mieux après la lecture de cette BD la stupéfaction d'une de mes amies de fac d'origine polonaise
devant nos supermarchés. La moindre supérette déclenchait chez elle un enthousiasme délirant que nous jugions comique. Elle devait probablement avoir connu la même enfance que celle de Marzi.
Mais le récit ne nous montre pas que les aberrations du régime communiste avec son 1er mai sous haute surveillance où chaque ouvrier doit pointer devant son chef avant d'aller manifester un
enthousiame de façade dans les rues. Il évoque aussi le quotidien d'une enfant unique entre un père chaleureux et une mère sévère et bigote. La religion semble règler l'existence de sa famille
maternelle mais c'est aussi une particularité connue de la Pologne. Marzi, quant à elle, s'ennuie beaucoup à la messe tout en prenant au sérieux sa première communion. La scène où elle
dresse la liste de ses péchés en compagnie de sa meilleure amie est assez savoureuse. Nous la voyons grandir de tome en tome, abandonner son doudou, être confrontée à la séparation : son père doit
pendant un temps quitter l'appartement pour un sanatorium, découvrir les affres de l'amitié (un jour, t'es ma copine, le lendemain, tu ne l'es plus !), une vraie petite fille quoi,dont les émotions
sont rendues avec beaucoup de justesse.
J'ai beaucoup aimé ces trois BD dont la lecture m'a permis de saisir de l'intérieur une période de l'histoire de la Pologne.
Par Armande
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Vendredi 5 décembre 2008
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09:42
C'est la semaine des surprises ! Après avoir été piégée
par la couverture rose de "A moi pour toujours" qui me semblait annoncer de la "chicken litt" de qualité, je pensais en toute ingénuité que la BD "Broderies" allait évoquer un loisir innocent
auquel je m'adonne avec plaisir. Que nenni ! A vous de lire et de découvrir ce que cache le titre !
J'ai beaucoup aimé le ton irrévérencieux de Marjane Satrapi. L'histoire se déroule après un repas de famille, les hommes se livrent à un sieste postprandiale et les femmes sirotent du thé en
racontant des horreurs sur ces messieurs. Chacune des femmes présentes, jeunes et moins jeunes va narrer une mésaventure avec un homme où les rires que ce récit va susciter dans l'assistance ne
dissimulent pas entièrement l'amertume ou le chagrin. Les femmes se moquent des hommes mais la moquerie (qui s'exerce d'ailleurs dans le dos de ceux-ci) est une arme bien faible dans une société
iranienne figée où le simple fait d'être un garçon vous place au dessus des filles.
La parole des femmes n'est libre que lorsqu'elles se retrouvent entre elles pour discuter. D'ailleurs la grand-mère de M.Satrapi le dit "Parler derrière le dos des autres est le ventilateur du
coeur".
Ces portraits de femmes vont sourire sans pour autant dissimuler la difficulté d'être et de s'affirmer comme individu lorsqu'on naît du sexe dit faible en Iran !
Keisha vient aussi de terminer la lecture de cette BD et vous en parle sur son blog.
Par Armande
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Dimanche 30 novembre 2008
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11:25
J'ai découvert, par le plus
grand des hasards, sur les rayonnages de la médiathèque, les adorables Earl (le chien) et Mooch (le chat). Il s'agit d'un duo infernal qui s'entend comme larrons en foire pour faire mille et une
bêtises que leurs maîtres, fous de leurs petites bestioles, s'empressent de pardonner. J'ai dévoré les trois tomes disponibles en un rien de temps et ma moitié s'accorde avec moi pour dire que
ces deux petits voyoux sont craquants.
Par Armande
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