Mardi 1 septembre 2009
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C'est un roman que j'ai lu en octobre 2008 : voici ce que j'avais écrit à cette époque :
Merci Christine pour le prêt de ce roman, rien que la couverture est un plaisir des yeux, qui plus est un plaisir de saison. J'ai retrouvé avec plaisir la prose à l'économie de Jacques Poulin, pas
un mot de trop,pas de phrases ronflantes (la seule chose qui ronfle dans ses récits, ce sont les moteurs des véhicules, ici un ancien camion de laitier transformé en bibliobus.), juste des petites
touches réalistes qui nous atteignent au coeur.
Le Chauffeur de cette bibliothèque ambulante va partir pour sa tournée d'été, allant de village en village pour alimenter en livres des réseaux de lecteurs. Mais il a décidé que ce serait sa
dernière tournée, les années commencent à lui peser et il veut tirer sa révérence avant que la vieillesse ne le happe.Seulement, voilà que de manière inattendue, l'amour pointe le bout de son
nez...
L'amour des livres et l'amour pour les lecteurs transparaît à chaque page, l'auteur nous fait partager avec une grande simplicité l'idée que la littérature peut être un remède à beaucoup de
malheurs, un rempart contre la violence du monde et un lien essentiel entre les hommes.
"
Pour passer le temps, au lieu de monter à l'appartement, il marcha jusqu'au bout de
la rue Terrasse-Dufferin et entra dans l'étroite allée de terre où était garé le bibliobus.
C'était un petit camion Ford de deux tonnes. Il avait beaucoup roulé, il était vieux, mais on ne lui aurait pas donné son âge. De couleur gris ardoise, il avait fière allure avec ses formes
arrondies, ses rideaux aux fenêtres et le mot Bibliobus peint en blanc sur le côté.
Il ouvrit une des portes arrière, abaissa le marchepied et monta à l'intérieur... Après toutes ses années le charme opérait toujours: sitôt la porte refermée, on se trouvait dans un autre monde, un
monde silencieux et réconfortant où régnaient la chaleur des livres, leur parfum secret et leurs couleurs multiples, parfois vives, parfois douces comme le miel."
Par Armande
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Publié dans : littérature québécoise
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Vendredi 6 février 2009
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13:53
Deuxième lecture dans le cadre du "Blog o trésors"
Ce livre offert par Jules m'a d'emblée déconcertée : il est vrai que je souffre d'un double handicap: je ne suis pas québecoise et les grandes envolées lyrico-poétiques
me font peu d'effet. Roxanne Bouchard utilise beaucoup d'idiomes compréhensibles , à mon avis, uniquement par les natifs et se lance souvent dans des tirades parfois absconses sur le sens de la
vie.
N'étant pas d'un tempérament à me décourager facilement, je me suis accrochée ... et bien m'en a pris car peu à peu les personnages gagnent en épaisseur et en humanité et incitent le lecteur à
les accompagner un bout de chemin.
L'héroïne Elie est en fuite au début du roman, elle fuit sa propre histoire et s'arrête dans un coin perdu, où elle va se terrer comme un animal dans sa tanière, pour y lécher ses plaies
afin de les cicatricer. Ses voisins immédiats sont une jeune mère célibataire et sa petite fille Agnès et un chanteur Richard, qui stocke dans son chalet toutes les lettres de ses
admiratrices, sans les avoir ouvertes. A leur manière, Agnès (rebaptisée Amorosa), Richard ainsi que Manu, un pianiste amérindien, Francois, le frère de l'héroïne vont lui redonner le
goût de vivre et la force de redémarrer "un nouveau chapitre" de son existence.
Le personnage auquel je me suis le plus attachée, c'est Richard qui transforme sa maison en un temple à son entière dévotion : les murs sont tapissés des lettres de ses admiratrices mais il n'en
ouvre aucune, par peur de devoir ainsi répondre et s'investir dans une relation suivie avec une femme. Etre aimé, oui, mais à distance de manière à éviter toute désillusion et tout chagrin...
jusqu'au jour où de petites enveloppes vertes font battre son coeur et lui donnent envie de mieux connaître l'expéditrice de ces courriers.
" J'ai à peine glissé un pied dans sa maison que ça m'a sauté aux yeux. Les lettres de ses admiratrices se sont reproduites. Elles foisonnent, envahissant les pièces de
moitié. ça nous observe, vivant. L'air brûlant se sature d'humidité. Une tourbière épistolaire."
"J'ai rencontré une fille dans ma dernière tournée.
- Et ?
- Et elle m'a donné ça."
Il a sorti de sa poche un petit papier plié et fichonné.
Vert.
" Vert ?
-Ouais..."
Il l'a ouvert et me l'a tendu. Deux mots : "Chlorophylle-moi."
J'ai viré le papier dans tous les sens.
" C'est tout ?
- Ben. Ouais. Mais peut-être qu'elle m'a écrit autre chose. Une lettre.
- Une lettre verte...
- Ben, ouais...
- T'as failli assassiner une innocente postière en tweed parce qu'une petite fleur inconnue qui cherche sa chlorophylle t'a peut-être écrit une lettre verte que t'auras même pas le courage
d'ouvrir?"
Au final, j'ai beaucoup traîné les pieds au début de cette lecture pour ensuite accélérer le rythme et dévorer les cinquante dernières pages avec un réel plaisir.
Par Armande
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Dimanche 17 août 2008
7
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/08
/2008
19:19

C'est l'histoire d'un vieux volkswagen, qui va
transporter ses trois passagers( Jack, écrivain en mal d'inspiration, la grande Sauterelle, jeune métisse à la recherche de son identité et Chop Suey, chaton noir et mascotte )de Gaspé au
Québec jusqu'à San Francisco. L'objet de de leur périple est de retrouver Théo, le frère aîné de Jack dont celui-ci a perdu la trace depuis une vingtaine d'années. Ils vont mettre leurs pas dans
ceux du frère disparu et constaté que ce chemin est celui des pionniers qui ont suivi la piste de l'Orégon. Grâce à un livre "emprunté" dans une bibliothèque "The Oregon Trail revisited", nos deux
héros vont revivre au fur et à mesure de leur avancée vers San Francisco les espoirs et les déconvenues des pionniers.
Au bout de la route les attendra un Théo bien changé mais Jack n'en sera pas affecté. Il aura appris au fil des kilomètres à se détacher de ce grand frère qu'il avait idéalisé et peut-être aussi
d'une enfance qu'il ne voulait pas quitter. Dans le roman, il passe beaucoup de temps lové au fond de son sac de couchage, tel un papillon dans sa chrysalide. Et un jour, il accepte de sortir de ce
cocon protecteur et d'accepter de vivre vraiment au lieu de se réfugier dans la fiction (il dit lui-même qu'il écrit au lieu de vivre) ou dans ses souvenirs d'enfant.
La grande Sauterelle est un personnage encore plus attachant, jeune fille sauvage, éprise de littérature, de poésie, de chansons. Comme Jack, elle semble vivre en marge de la société, écartelée
entre ses racines indiennes et blanches. Le long trajet en compagnie de Jack, les personnes rencontrées lui auront permis au cours de discussions passionnées de réconcilier un peu les deux parties
d'elle-même.
L'écriture de Jacques Poulin, auteur québecois, est très simple. Peu de choses sont dites, beaucoup sont suggérées. N'hésitez pas à prendre la route avec ce trio attachant....
Grande rêveuse moi-même, j'ai aimé cette phrase que la grande Sauterelle adresse à Jack. Elle vient de passer l'après-midi à contempler le fleuve et les îles près de Rockport. Son compagnon n'a pu
lui tirer un mot ni la faire participer à la moindre activité. Il semble chagriné, elle lui dit:
"Les rêves sont comme des îles. Alors on est tout seul quand on rêve et ça
ne peut être autrement. Vous comprenez ?"
Par Armande
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