Lundi 15 mars 2010
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06:00

quand ils nous quittent ? C'est à cette douloureuse question qu'essaie de répondre Maria après le décès de sa mère adorée, Léonora. Le commissaire
Erlendur, en proie lui aussi aux mêmes interrogations, va tenter de comprendre pourquoi cette femme s'est suicidée. Est-ce pour rejoindre dans l'au-delà Léonora qui lui aurait adressé un signe en
ce sens ? Est-ce pour fuir une existence qui lui paraissait vide sans ses deux parents ? Notre enquêteur va s'attacher à reconstituer les dernières semaines de la défunte, même si en apparence,
rien ne justifie ses démarches. Ne s'agit-il pas d'un simple suicide ? Erlendur répond à cela qu'un suicide est en quelque sorte une disparition et qu'il y a là un mystère à résoudre.
J'ai aimé ce dernier opus d'Arnaldur Indridason mais commeLiberto, qui me l'a prêté, je n'ai pas un avis très objectif. Ce roman
est-il moins bon ou meilleur que La femme en vert, qui semble être la référence. A vrai dire, peu importe, le plaisir de retrouver Erlendur est toujours aussi grand.
Dans ce roman, l'auteur nous révèle un peu plus sur le passé du héros et le montre plus proche de ses enfants, jusqu'à tenter à la demande de sa fille, un rapprochement (infructueux)
avec son ex-femme. Il nous montre une nouvelle fois des personnes fragiles, hantées par leurs souvenirs, par des passés lourds à porter, des êtres de "glace", en apparence solides mais prompts à
se fendiller.
Quelques heures après avoir terminé la lecture d'Hypothermie, j'étais sur la route, au volant de ma voiture. Le ciel était extraordinairement beau et inquiétant, noir
bleuté, chargé de trombes d'eau à venir. L'espace d'un instant, je n'étais plus dans le Trégor mais en Islande... C'est la magie d'Indridason, il écrit des romans qui vous poursuivent
longtemps.
Par Armande
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Mercredi 3 mars 2010
3
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06:00


Ce roman m'a irrésistiblement rappelé ce film de Rob Reiner vu et adoré il y a une vingtaine d'années.
Pourquoi ? Une petite ville Starvation Lake, à la frontière canadienne, un groupe d'enfants unis par une passion commune : le hockey, et une amitié de chaque instant entre Gus Carpenter,
surnommé Trap, et Andel Cambell alias Soup. Ces surnoms que les garçons se sont attribués quand ils étaient enfants n'ont pas été abandonnés à l'âge adulte. Peut-être parce que les deux hommes
n'ont jamais vraiment grandi ? Pour ceux qui connaissent "Stand by me", les points communs sont nombreux.
L'histoire démarre alors que Gus est de retour dans sa bourgade d'origine. Il a travaillé dix ans pour un journal prestigieux de Détroit mais a été démissionné pour avoir porté
atteinte dans des articles dignes du Pulitzer à une grande firme automobile. Il vivote donc au Pilot, la feuille de chou locale, et retrouve les habituelles railleries qui l'avaient éloigné de la
ville. Adolescent, goal dans l'équipe "municipale", il a laissé passer un palet lors de la finale d'Etat, et les habitants depuis ce jour n'ont de cesse de lui rappeler ce "triste" épisode.
Plus que les moqueries de la population, le plus dur à supporter pour lui a été le comportement de "Coach", l'entraîneur adulé, qui s'est alors détourné complétement de lui.
A trente-quatre ans, ses vieux souvenirs le hantent encore et cela ne risque pas de s'améliorer car la motoneige de son ancien mentor refait surface au milieu d'un lac. Celui-ci
s'est noyé accidentellement dix ans auparavant. L'affaire semblait classée mais l'engin porte des impacts de balles...
Notre journaliste va enquêter, retourner sur ses pas et reconsidérer son passé, non plus avec ses yeux d'enfant mais avec le regard acéré de l'amateur de "scoop". L'attrait principal
de ce roman, c'est la description de Starvation Lake, de cette petite communauté où tout le monde se connaît. Gus a voulu s'éloigner de cet endroit pour gagner un peu de recul et d'anonymat. Ses
démarches pour comprendre les mystères qui entourent la mort de son coach vont l'obliger à côtoyer de nouveau tous les adultes qui sont des figures familières depuis sa naissance.
Au fil des jours, notre homme va perdre beaucoup de ses illusions... mais comme dans le film, Soup va pouvoir compter sur Trap pour le soutenir dans les épreuves. Preuve que dans ce
petit univers parfois sordide, une amitié nouée dans l'enfance peut offrir une planche de salut, voire même guérir certaines blessures intimes.
Ce premier roman de Bryan Gruley m'a bluffée ! Trois soirs de lecture non-stop à entendre le glissement des patins sur la glace et à guetter le souffle d'un passé qui veut
renaître...
Merci à Ulike pour cette découverte.
Pour en savoir plus, je vous conseille un détour par :
http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/
Par Armande
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Vendredi 5 février 2010
5
05
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/2010
06:00

Les romans policiers africains me permettent souvent de découvrir des pratiques que je crois d'un autre temps mais qui ont la vie dure. Nous sommes au Ghana, à notre époque, et l'inspecteur Dawson,
un citadin, doit enquêter sur le meurtre d'une jeune étudiante en médecine. Le crime a eu lieu dans un petit village perdu, qui ne lui est pas tout à fait inconnu car il s'agit du lieu de naissance
de sa mère et aussi de l'endroit où celle-ci a mystérieusement disparu lorsqu'il avait neuf ans.
Il va devoir quitter Accra, la capitale et accomplir un bond aussi bien dans l'espace que dans le temps. Il quitte les rues encombrées de la ville, Christine son épouse, qu'il
considère comme son égale et arrive dans un hameau cerné par la forêt où les femmes sont souvent sous la coupe de leur mari, réduites parfois à l'état d'esclaves comme les trokosis, les femmes des
prêtres féticheurs, offertes vierges à celui-ci pour expier un péché commis par un membre de leur famille. Les traditions, les superstitions régissent encore le quotidien des habitants de Ketanu et
il ne fait pas bon s'opposer au pouvoir des guérisseurs locaux. Gladys, jeune étudiante en médecine, a-t-elle mis en colère l'un d'eux qui l'aurait alors supprimée ?
La trame de ce roman est très classique, il se lit avec plaisir mais ne fera pas partie de mes coups de coeur du Prix Elle 2010.
Par Armande
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Samedi 16 janvier 2010
6
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/2010
06:00
Pour une habituée comme moi d'Alexander McCall
Smith et de ses personnages qui évoluent dans les quartiers chics d'Edimbourg, le roman de Ian Rankin aura été une découverte de l'envers du décor. Son personnage principal , l'inspecteur Rébus,
comme son nom l'indique, ne se satisfait pas des apparences et est souvent amené à plonger au "fond de l'enfer".
" Pris au piège, il l'était pour de bon. Il vivait dans la plus belle,la plus civilisée des villes du nord de l'Europe,mais au quotidien il était confronté à l'envers du décor, à
l'animus de cette ville. L'animus ? Cela faisait belle lurette qu'il n'avait pas employé ce terme ! Il ne savait même plus ce que ça voulait dire exactement, mais ça sonnait bien.
"
L'enquête démarre dans un quartier de la ville, Pilmuir, qui a connu des jours meilleurs mais dont les pavillons qui abritaient autrefois des familles servent
maintenant de squats à des jeunes à la dérive. Dans une de ces maisons, un cadavre est découvert, celui d'un junkie, victime, semble-t-il, d'une overdose. Sur un pan de mur, un pentacle oriente les
policiers vers les guildes qui pratiquent magie noire ou blanche dans leur respectable ville.
Je n'avais pas encore eu la chance de croiser lors de mes nombreuses lectures de romans policiers John Rebus. Comme tout enquêteur qui se respecte, il allie un certain penchant pour
l'alcool, l'ironie et le désabusement. Il n'empêche qu'il recherchera la vérité même s'il sait que la jeune victime ne manquera guère aux siens et que l'affaire sera enterrée si elle touche de trop
près aux intérêts de personnes fortunées et influentes.
L'on assiste dans ce roman à la rencontre entre notre irascible inspecteur et le constable Brian Holmes. Rebus veut l'utiliser dans un premier temps comme tâcheron mais il a
sous-estimé l'intelligence du jeune homme et peut-être, ma foi, son besoin de se faire, à défaut d'un ami, un collaborateur digne de confiance. Ensemble, ils vont dénouer les fils d'une affaire
aussi tordue et noire que peut l'être parfois l'âme humaine. Ils suivront les traces d'un mystérieux Hyde qui oeuvre dans l'ombre pour les freiner dans leurs investigations et... trouveront les
"monstres" responsables de ce crime.
Dès le début, Ian Rankin nous prévient par cette citation tirée de L'Etrange Cas du Docteur Jekyll et de Mister Hyde :
"Longtemps, j'ai tenu mes démons en
cage, ils se sont échappés en rugissant."
Merci au Livre de Poche pour cette lecture que j'ai beaucoup appréciée.
Par Armande
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Mardi 12 janvier 2010
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/2010
08:56
Ce Prix Elle m'incite (m'oblige ?) à
lire des romans que je n'aurais jamais ouverts autrement. La collection "Spécial Suspense" d'Albin Michel ne fait pas partie de mes préférées. Je trouve que généralement, tous les récits se
ressemblent : un ou des crimes particulièrement odieux, un serial killer à traquer, un enquêteur forcément doué malgré quelques défauts dans la cuirasse et souvent une mignonne future victime
pour laquelle notre enquêteur perd un peu de son professionnalisme. Le plus (ou le moins remarquable ?) est un style plat qui ne vise que l'efficacité. Ces histoires semblent être calquées sur des
séries comme FBI, porté disparu dont j'ai regardé un certain nombre d'épisodes.
Le livre de Lisa Gardner "Sauver sa peau" ne déroge pas à la règle. Les premières pages décrivent une macabre découverte : les corps momifiés de six fillettes dans une cache
souterraine. L'une des petites victimes porte un médaillon avec une identité Annabelle Granger... seulement cette Annabelle n'est pas décédée et découvre à la télévisions qu'elle semble être
morte depuis vingt-cinq ans... Pour mener les investigations, Bobby Dodge, ancien tireur d'élite et le jeune commandant D.D Warren, femme qui sacrifie tout à son métier, l'histoire peut se
dérouler...
La mécanique est bien huilée, la lecture se fait sans problème mais sans plaisir aucun pour ma part. Ce roman est un bon produit, mais qui semble manufacturé, reproduisible à l'infini
puisque sans aucune particularité remarquable.
Livre chroniqué dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle
Par Armande
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Jeudi 19 novembre 2009
4
19
/11
/2009
06:00
La couverture est assez évocatrice : des
crocs de boucher...qui dans ce roman, servent à suspendre de la chair humaine lors de "spectacles" où l'interprète, le fakir, se mutile volontairement et avec le sourire devant un public amateur de
sensations fortes.
L'univers d'Antonin Varenne est extrêmement sombre, les personnages jonglent avec leurs démons, toujours prêts à plonger dans la folie, la violence contre soi ou contre les
autres ou le désespoir le plus complet.
La galerie de portraits est impressionnante : un lieutenant de police, persuadé que tous les éléments de nos vies sont liés et que cette grande théorie finit par éloigner du monde
réel, son stagiaire, jeune ahuri qui va découvrir avec horreur l'envers du décor, un soldat américain, tortionnaire en Irak, devenu fakir pour expier ses "fautes", un ancien taulard reconverti dans
les espaces verts et un brillant psychologue franco-américain qui joue les ermites dans le Lot.
Faites-les se rencontrer lors du décès suspect du fakir et naîtra une histoire bizarre aux méandres tortueux mais au final assez fascinante.
Ai-je apprécié ce roman ? Je l'ai dévoré en très peu de temps, attachée bien malgré moi aux pas de ces personnages à la dérive. Je n'ai pas été tellement convaincue par l'histoire en
elle-même mais l'auteur a l'art d'inventer des êtres étonnants qui m'ont plu comme "Bunker" et son chien Mesrine. Son échappée vers la campagne et la liberté à la fin du roman donnent de très
belles pages.
C'est quand l'auteur se libère lui aussi d'un style parfois trop travaillé jusqu'à devenir obscur que ses mots vont droit au coeur du lecteur . Dans ce passage, le vieil
homme arrive au campement de John Nichols, le psychologue, pour y récupérer des documents :
"Sa veste jetée sur l'épaule, échauffé par la montée du petit chemin, Bunker déposa son barda dans l'herbe. La plus belle cellule qu'il ait jamais vue. Mesrine s'assit sur son cul, la queue
fouettant l'herbe, les pattes tremblantes et les yeux levés sur son patron. Bunker le regarda, la lèvre un peu tremblante lui aussi.
- Vas-y ! Va !
Le chien ne bougeait pas, de plus en plus excité et trouillard. Bunker tendit son bras vers la nature :
- Vas-y !
Le vieux bâtard décolla ses fesses, partit en courant droit devant lui sur une dizaine de mètres, s'arrêta, regarda autour de lui, deux cents millions de cellules olfactives en plein
feu d'artifice. Il suivit son nez de tous les côtés, se mit à aboyer, courant, s'arrêtant, repartant dans l'autre sens. Bunker avait les yeux rivés à son clebs, sans oser regarder le tipi, les
petits aménagements solitaires et rationnels de l'Américain, le hamac entre deux arbres et la vallée ensoleillée qui s'ouvrait à ses pieds. Il s'assit en haut des marches en rondins et Mesrine le
rejoignit. Le chien se colla au flanc du vieux taulard, et ils regardèrent tous les deux vers la vallée.
- Chien, on va se plaire ici."
Livre chroniqué dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle
Par Armande
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Vendredi 6 novembre 2009
5
06
/11
/2009
06:00
La lecture de la quatrième de couverture m'a donné des sueurs froides (alors même que je n'avais pas fait la connaissance du héros Milo Weaver, espion de
la CIA , et de ses méthodes, comment dire, expéditives...)
Les susnommées sueurs me sont venues en voyant les mots "agent secret", "CIA", "tueur à gages"... Autant de termes qui susciteraient l'enthousiasme de ma moitié, mais qui, chez moi,
déclenchent le rejet le plus complet. Je le confesse : les romans d'espionnage m'ennuient et leur adaptation cinématographique tout autant !
Bon gré, mal gré, j'ai ouvert le roman en bougonnant (et en me promettent comme récompense un Kit-Kat si j'arrivais à la page 100 en une soirée...). Ce fut chose faite et les pages
suivantes se sont enchaînées sans avoir besoin de recourir au chocolat.
Dire que les malheurs de Milo m'ont touchée serait exagéré mais l'intrigue est intelligemment construite et l'auteur met en scène de façon crédible les atermoiements de notre
agent qui hésite entre une vie de famille tranquille et retrouver une vie plus trépidante, celle de "touriste". Le Touriste est un agent qui opère dans l'ombre sur ordre de sa hiérarchie sans poser
de question sur le pourquoi de ses missions.
Je suis certaine de ce livre plaira à ma moitié : géopolitique, suspense, trahison, action et armes à feu... Que du bonheur ! Quant à moi, je vais lui offrir avec le plus grand des
plaisirs... Ce roman se sentira bien plus à sa place dans sa bibliothèque que dans la mienne !
Roman lu dans le Cadre du Grand Prix des Lectrices de
Elle
Par Armande
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Mercredi 4 novembre 2009
3
04
/11
/2009
13:19
Pour ceux qui se rappellent de mon article qui "stigmatisait" un tantinet le "buzz", je bats ma coulpe aujourd'hui car je vais en faire pour un tout nouveau
blog qui vient de naître : il devrait plaire aux amateurs de polars ! Allez découvrir l'univers de Liberty Valence...
Par Armande
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