Samedi 6 février 2010
6
06
/02
/2010
09:00

Il y a peu Keisha nous inventait le livre-doudou, celui qui réconforte et fait chaud au coeur. Sa lecture s'accompagne volontiers d'une tasse de thé (ou de café) et de la
compagnie d'une animal domestique (pour celui-ci, j'ai choisi Titou, notre King-Charles).
Je remercie les éditions JCLattès pour ce moment de dépaysement et de plaisir. J'avais repéré ce roman sur Blog-o-Book car il se déroule en Inde et ceux(et celles) qui me lisent depuis quelques mois (ou plus : il y a des fidèles de la première heure !) connaissent mon
goût pour ce continent. L'action se déroule à notre époque à Vizag, une petite ville du Sud, et met en scène un couple musulman M. et Mme Ali. Madame se plaint au début de l'histoire du tout
nouveau statut de retraité de son conjoint. Et oui, il est sans cesse dans ses "pattes" et perturbe son quotidien bien réglé. Elle voudrait cuisiner tranquillement tous les petits plats
traditionnels (les descriptions culinaires sont savoureuses et le lecteur a, en prime, à la fin du roman, la recette de l'halva, un succulent dessert.) et surtout pouvoir bavarder au téléphone ou
en "direct live" avec sa famille et ses amies sans avoir d'oreilles masculines promptes à se gausser dans les parages.
le coupable, sentant peut-être l'exaspération monter chez sa "tendre" épouse, décide de créer sa propre entreprise :"l'Agence matrimoniale pour gens riches de M.Ali". Ainsi il occupera
ses trop nombreuses heures de loisir ! Très rapidement, il connaît le succès et voit défiler dans sa véranda transformée en bureau les personnes les plus diverses, à la recherche du fiancé ou de la
fiancée idéal(e). C'est l'occasion pour l'auteur d'évoquer le système des castes et les différentes religions, les unions toujours arrangées par les parents où l'amour n'a que peu d'importance
et ne représente d'une éventuelle heureuse surprise après la céromonie de mariage. Autour du couple Ali gravitent les membres de leur famille. Ils se désespèrent de "caser" un jour Rehman, leur
fils, qui préfère défendre la cause des paysans expropriés par les multinationales plutôt que de fonder un foyer et de leur donner les petits-enfants qu'ils attendent. Ils reçoivent
fréquemment un des frères de madame , qui voudrait qu'avec l'âge, M.Ali devienne plus pieux. Mais notre homme, musulman modéré et toujours prêt à se rire de tout, même de la religion, ne se
laisse pas convaincre. Et il y a aussi Aruna, jeune fille brahmane, devenue l'assistante du héros, qui aide à marier les autres mais ne peut, quant à elle, écouter son coeur...
Ce roman est un régal, le ton est donné dès la couverture, colorée et pimpante. Les problèmes actuels de l'Inde sont évoqués mais le récit est très agréable, le lecteur a souvent le
sourire aux lèvres. Farahad Zama l'introduit dans le quotidien d'une petite ville. Pendant quelques heures, nous voyons, humons, goûtons, vivons comme le couple Ali et cette parenthèse indienne est
un vrai bonheur.
Par Armande
-
Publié dans : littérature indienne
-
9
-
Partager
Derniers Commentaires