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Je suis jurée pour le mois d'avril du Grand Prix des Lectrices de Elle.



Je suis un maillon parmi 26  de la chaîne de livres initiée par Ys. J'ai apporté ma contribution sous la forme d'un coup de coeur "La colère des aubergines" de Bulbul Tarma.



J'accepte bien volontiers les romans qui font une petite pause dans le Trégor...







Je participe au club de Sylire et Lisa ...


 

Je participe au swap au long cours 2010  de Bladelor et je suis ravie...Ma binôme est Celsmoon !
 
Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 06:00
  
Quel titre ! Cri du coeur, à la fois désespéré et provocateur... L'auteur l'a emprunté à Brel, c'est un extrait de la chanson "Orly" que "Sarah", l'héroïne de ce roman- confession, de ce roman-manifeste, écoute en boucle après le décès de son père.
   Tout est révélé sans l'être sur la couverture : une jeune femme dans la lumière, solaire, amoureuse et prête à offrir cet amour aux regards des autres et un homme, en retrait, dans l'ombre dont la main fermée ébauche un geste vers sa compagne.
   Ces deux êtres  : une fille et son père vont faire connaissance alors que celle-ci a dix-sept ans. Elle lui téléphone et lui apprend que d'une passion passagère, un mois de juillet, est née une enfant dont on lui a tu l'existence. Ils vont se rencontrer et... s'aimer.
   Elle, dans la folle espérance de la jeunesse, dans sa folle intransigeance aussi, va vouloir bousculer toutes les règles et vivre au grand jour sa passion. Elle me rappelle la farouche Antigone qui ne veut pas comprendre, comprendre qu'une société a des lois, des dogmes, des interdits, des valeurs et que ces garde-fous sont nécessaires pour que la barbarie qui sommeille en tout homme ne se réveille pas.
   Elle ne voit que lui, lui perçoit le regard de ses contemporains  sur leur "couple" et préfère fuir dans la mort plutôt que de continuer à briser un tabou qui l'obsède.
   Devenue juge d'instruction, l'héroïne se montrera très dur avec les pères incestueux qui commettent pour elle le pire des crimes: le viol de leur(s) enfant(s). Elle ne range évidemment pas la relation qu'elle a entretenue avec son père dans cette catégorie infamante. Dans son esprit, il s'agissait de rapports librement consentis entre deux personnes qui s'aimaient.
   Le lecteur est invité à ne pas juger, s'il ne veut s'avilir au rang de chien. Je passerai sur l'outrance du titre pour évoquer mon sentiment à la fin de ce roman.
   Paul M.Marchand, dans un prologue, précise qu'il se fait le narrateur d'une histoire qu'une femme lui a confiée. Histoire troublante, dérangeante qui rappelle l'étrangeté du sentiment amoureux et le caractère impérieux et parfois destructeur de la passion. C'est une lecture qui interpelle, interroge le lecteur sans qu'il soit possible de fournir des réponses tranchées. Il rappelle la complexité de l'âme humaine, la difficulté d'être différents et l'obligation pour toute société de fixer des règles, même si elles peuvent, parfois, briser des êtres.
Par Armande - Publié dans : littérature française - Communauté : Chronique de nos lectures
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