

Sélection du Prix Elle pour le mois d'avril
Romans
La théorie du moustique de Nancy Werlin (Editions Nil) lu
Une année étrangère de Brigitte Giraud (Stock) lu
Les saisons de la solitude de Joseph Boyden (Albin Michel) lu Coup de
coeur
Documents
La traque, les criminels et moi de Carla del Ponte (Héloïse d'Ormesson) lu ( de quoi
vous plomber durablement le moral..)
Une vie de faussaire de Adolfo Kamnsky (Calmann Levy) lu
Policiers
Souvenez-vous de moi de Richard Price (Presses de la Cité) lu coup de coeur
Epouses et assassins de Kwei Quartey (Payot ) lu

Lecture pour le 1er mars (lu)

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Je suis jurée pour le mois d'avril du Grand Prix des Lectrices de Elle.

Je suis un maillon parmi 26 de la chaîne de livres initiée par Ys. J'ai apporté ma contribution sous la forme d'un coup de coeur "La colère des aubergines" de Bulbul
Tarma.


Je l'ai
terminée ! Je compare ma lecture à la montée d'un prestigieux sommet car l'aventure est comparable en bien de points...
Déjà rien que d'avoir parcouru la quatrième de couverture, j'étais prévenue qu'un chef-d'oeuvre m'attendait : " Le meilleur roman policier de langue anglaise" (T.S.Eliot), "Un roman labyrinthe
haletant, empreint d'une inquiétude permanente... Un écrivain génial" (Alexie Lorca) et qu'il fallait que je sois à la hauteur de l'événement ! Je ne m'emparai pas d'un piolet mais d'une tasse de
café, direction ma couette et on allait voir ce qu'on allait voir : hyper concentrée, je me lançai dans les premières lignes...
" Les derniers jours de juillet s'effeuillaient. L'été touchait à sa fin. Pèlerins fatigués d'arpenter le pavé londonien, nous commencions à rêver avec envie aux nuages jetant de larges ombres
sur les champs de blé et aux brises d'automne rafraîchissant les rivages."
D'emblée, le style m'apparut comme irréprochable mais très rapidement un ennui sournois s'empara de moi. J'étais totalement imperméable aux amours de Walter Hartright et de la douce Laura
Fairlie. Pire, la dite demoiselle éveillait en moi un agacement certain. Le principe même de la narration (l'histoire est racontée de façon souvent linéaire mais en alternant les points de
vue suivant les chapitres .) nous oblige à découvrir la jeune fille à travers le regard de Walter, son futur "chevalier blanc". Il la dépeint donc comme la merveille des
merveilles.
"une silhouette claire, vêtue d'une simple robe de mousseline blanche, rehaussée de lacets bleus et blancs. Une écharpe de même tissu ondule
gracieusement sur ses épaules et un petit chapeau de paille naturelle, garni de rubans assortis à sa robe, ombre le dessus de son visage (...) Des yeux à la nuance merveilleuse, à la forme
exquise, tendres et doucement pensifs, mais beaux surtout par leur limpidité profonde"
Ce petit côté agneau pascal, voué aux sacrifices, sera présent tout au long du roman et me fera grincer des dents à de nombreuses reprises.
Armande serait-elle totalement insensible, direz-vous ? Il faut le croire car même sa soeur Miss Halcombe, ne suscita en moi aucune empathie. Pourtant, la Nature, ne l'ayant pas dotée de la
Beauté l'avait largement pourvue en Intelligence ! Ce qui aurait dû me satisfaire... mais d'abord pourquoi, la malheureuse n'aurait-elle pas le droit aux deux ?Pour ne pas faire
de l'ombre à Laura, bien sûr ! Le rôle de l'amoureuse et de la mère heureuse pour Laura, le rôle de la soeur dévoué et de la tantine adorée pour Marian ! Re-grincement de dents !
J'étais sur le point d'abandonner ma lecture,cet "Everest littéraire" n'était pour moi quand... surgit celui qui allait me faire aimer ce roman , le diabolique comte Fosco ! Merci Wilkie
Collins d'avoir imaginé cet improbable Don Juan, ce flamboyant escroc! Et oui "shame on me", j'allais aimer "la dame en blanc" grâce au méchant de l'histoire.Je ne parle pas de Percival Glyde, le
mari de Laura, brute sanguinaire et piètre comédien mais du protéiforme Fosco, inclassable et fascinant. D'ailleurs Marian, dans son journal avoue, presque malgré elle son "attirance" pour
lui.
"En deux mots, il semble bien être de ces hommes capables d'apprivoiser n'importe qui; s'il avait épousé une lionne au lieu d'une femme, il l'aurait domptée (...)
Les moindres caractéristiques, chez lui, ont quelque chose de fortement original et, en même temps, d'étrangement contradictoire. Par exemple, malgré sa corpulence, il est d'une vivacité et d'une
agilité surprenantes; ses gestes pourraint rivaliser de discrétion avec ceux d'une femme et, malgré la puissance qui se dégage de toute sa personne, il possède, comme nous autres femmes, une
sensibilité à fleur de peau."
Comme chacun sait, le comte Fosco va précipiter la mort d'Anne Cathericks, dépouiller Laura de son identité et de sa fortune,faire preuve dans ses agissement du cynisme le plus
absolu . Pourtant, à la fin du récit sa mort, plus que méritée (Je dois quand même y consentir) va me chagriner.
"Il était là, inconnu, sans identité, exposé à la curiosité malsaine de la foule française ! C'était la fin terrible d'une vie tissée de duplicité et de forfaits. Dans le
repos sublime de la mort, son visage ferme et massif avait acquis une telle dignité que ma voisine ne put s'empêcher de lever les mains et d'exprimer son admiration en frissonnant : "Oh ! Quel
bel homme !""
Je terminerai moi cet article, au sommet de mon "Everest littéraire", en exprimant mon admiration pour l'auteur (Je n'irais pas jusqu'à frissonner comme le personnage ci-dessus. Je ne
serais plus crédible!) et en m'exclamant: "Quel excellent portraitiste !"
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